-Les caves de l’obscurité/ ROMAN
Auteur: khelifa abdesselem
Traducteur: Pr. LARABI KAMEL
– Al Amir Édition

Les caves de l’obscurité- format papier
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Les caves de l’obscurité –format numérique
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Préface du traducteu//
Traduire un texte de cette densité poétique et philosophique, c’est un défi particulier : comment restituer en français la musicalité de la prose arabe, ses métaphores audacieuses et sa profondeur existentielle ? Comment transposer dans une autre langue cette méditation sur l’identité déchirée de l’homme contemporain ?
L’auteur nous offre ici bien plus qu’un simple récit. Il s’agit d’une véritable symphonie littéraire où chaque phrase porte en elle le poids de l’exil intérieur, de la quête de sens dans un monde désenchanté.
Le narrateur devient le porte-voix d’une génération prise entre les racines du passé et les exigences d’un présent qui nie ses particularités.
J’ai tenté de préserver cette richesse métaphorique du texte original dans cette traduction française, particulièrement ces images saisissantes où le temps devient personnage, où la géographie se mue en état d’âme, où la langue elle-même souffre et résiste. Chaque choix lexical a été pesé pour maintenir cette tension constante entre le lyrisme et la réflexion philosophique qui caractérise l’écriture de l’auteur.
Ce texte s’inscrit dans la grande tradition de la littérature arabe contemporaine qui interroge les mutations de l’identité à l’ère de la mondialisation.
Il fait écho aux voix de Mahmoud Darwish, d’Adonis ou d’Abdelrahman Munif, tout en développant sa propre voix singulière.
Puisse cette traduction permettre au lecteur francophone de découvrir la beauté de cette prose qui transforme la douleur existentielle en art véritable.
À une époque où les voix se mêlent à leurs échos, où les souvenirs s’entremêlent à leurs illusions, ce texte naît du ventre de l’éternelle interrogation : qui sommes-nous quand nous sommes seuls avec nous-mêmes ? Et que reste-t-il de nous quand le temps nous dépouille de tout sauf de la parole ?
Voici le roman de l’homme contemporain qui se trouve étranger dans sa patrie, exilé dans sa mémoire, jugé devant le tribunal du temps impitoyable. C’est l’histoire de l’âme qui cherche un sens dans un monde qui a perdu ses significations, et qui tente de saisir un fil de lumière dans une obscurité qui s’élargit à chaque souffle.
L’écrivain «Khelifa Abdesselem» nous guide à travers les rues de la ville intérieure, cette ville que nous portons dans nos poitrines, où habitent nos rêves brisés et nos souvenirs blessés. Là, dans les ruelles étroites de l’âme, le narrateur rencontre son autre, cette voix intérieure qui dialogue avec lui, le contredit et partage sa douleur et sa perplexité.
Le temps ici n’est pas simplement un indicateur sur l’horloge, mais un personnage vivant qui respire, parle et juge. Il est le juge suprême qui décide du destin des hommes, le bourreau qui exécute les rêves en silence, et le seul témoin des tragédies de l’homme contemporain.
Le temps se dresse devant nous comme un miroir impitoyable qui reflète la vérité de notre existence fragile et notre impuissance face aux lois de l’univers que nous ne comprenons pas.
Dans ce texte, la géographie devient un état psychologique, l’histoire une mémoire personnelle, et la politique une douleur dans l’âme. Les pays dont parle le narrateur ne sont pas de simples lieux sur la carte, mais des patries intérieures que nous portons dans nos cœurs, que nous regrettons quand nous les perdons, et que nous pleurons quand elles nous sont arrachées.
La langue ici n’est pas seulement un moyen d’expression, mais un être vivant qui souffre, se rebelle et résiste. Les mots cris de douleur, les phrases saignent de leurs blessures, et les significations cherchent un refuge dans le désert du silence. L’écrivain fait de la parole un autre héros de son roman, un héros qui combat l’oubli, résiste à l’aliénation et défend le droit de l’homme à être ce qu’il est.
Voici le roman de l’identité en crise à l’ère de la mondialisation, où l’on demande à l’homme de renier son passé, d’oublier sa langue, et de se fondre dans un moule qui ne lui appartient pas. C’est un cri face à un monde qui veut transformer les humains en copies identiques, et ne laisse aucune place à la différence ou à la distinction.
Les relations humaines dans le texte portent une profondeur philosophique, car « KHEDIDJA » n’est pas seulement une épouse, mais une patrie qui marche sur deux pieds, un rêve qui s’incarne en femme, et un sens qui prend la forme de l’amour.
Et les médecins psychiatres ne sont pas seulement des thérapeutes. Mais ils sont également plus proches de moi intérieur. Ils s’interrogent sur les causes de l’aliénation et la quête de sens, et ils possèdent cette sensibilité qui émane de l’essence humaine, car ils encouragent à aller de l’avant tout en acceptant le patient tel qu’il est.
Le rêve et le cauchemar s’entremêlent dans le texte jusqu’à ce qu’il devienne impossible de les distinguer, et c’est là la condition de l’homme contemporain qui vit dans une zone grise entre la réalité et l’illusion, entre ce qu’il veut être et ce qu’on lui impose d’être.
En fin de compte, ce texte est une invitation à réfléchir sur le sens de l’existence humaine à l’ère de la déraison, et une tentative de rendre sa dignité à l’âme humaine au temps de la matière. C’est le cri d’un poète face au silence, une chanson triste qui résonne dans les couloirs de la mémoire, et une rose qui pousse dans le désert de la cruauté.
Lisez ce texte avec vos cœurs avant vos esprits, et vous y trouverez quelque chose de vous-mêmes, quelque chose du temps dans lequel nous vivons, et quelque chose du rêve que nous rêvons tous : rester ce que nous sommes, dans un monde qui veut nous changer.
Pr. LARABI KAMEL
UMMTO. Tizi Ouzou le 28/07/2025
